Poétiser l’existence confinée…

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6 réponses à “Poétiser l’existence confinée…

  1. Il est intéressant de constater que depuis ce confinement, les Français de toutes les CSP n’ont jamais autant écrit leur part de féminité, en tant que sensibilité, et ceci, je pense, en toute inconscience. A commencer, bien entendu, sur les réseaux sociaux auxquels chacun (ou presque) a accès.
    Je ne serais pas étonnée que d’ici à quelques mois des ouvrages fassent état, sur les rayons des librairies (s’il en reste des indépendantes) et bibliothèques, de cette nouvelle façon d’Etre de l’homme. Pour les femmes, ce serait à coup sûr une belle avancée. Pour la Nature, un beau retour.
    Je suis optimiste sur l’avenir de l’Homme et de nos amis les bêtes, peut-être moins parqués par ce dernier dans une détresse pour le moins inhumaine.

  2. Au-delà de la réhabilitation du foyer, il y a aussi ce fameux retour à soi. On nous en bassine les oreilles depuis des années, nous y voilà bien obligés ! Ô surprise, que découvre-t-on? Ce fameux soi n’est pas seul. A l’heure du triomphe de l’individualisme en Occident et du développement personnel, le soi recroquevillé dans sa coquille se voit soudain très peuplé. Enfant.s, mari, épouse, ex parfois même, nous voilà tous confrontés à notre noyau intime. Même la solitude, choisie ou non, n’est plus vraiment seule. Elle devient plus âpre, elle se peuple de tous ces corps qui manquent, de ceux qui ne sont plus ou pas encore.
    Le corps social manque aussi. Et même les réseaux sociaux ne parviennent pas à nous restituer les regards des autres sur nous, de la mamie au fond du bus, au conducteur de mauvaise humeur à l’enfant suçotant une vieille sucette.
    Il est loin le rhizome qui vole au gré de ses désirs, électron libre qui ensemence à sa guise et choisit son territoire.
    Dans le confinement, nous explorons nos racines. Et leur beauté. Leur étrangeté aussi. Nouvelle surprise, elles sont aussi horizontales que verticales. Qu’en penses-tu Peggy?

    1. Merci beaucoup Claire de mettre des mots sur cette interrogation dont nous faisons l’épreuve. Sur cette socialité charnelle qui nous manque. Je vais prendre le temps de la réfléchir… Encore merci !

  3. Très stimulant, ce qu’écrit Claire… Et, cette très jolie phrase, aussi en lien avec « les racines à explorer » dont parle Claire : « Même dans une cellule, un brin d’herbe qui s’échappe du ciment gagne à devenir poétique »…

    Ce que vous dites toutes les deux, ensemble, je crois, ce que j’y sens au moins, c’est l’importance du regard et de la contemplation, qui est à la portée de chacun. On manque de la multiplicité des scènes à contempler (ou même à entendre) en ce moment. On manque de la variété des visages (à laquelle d’habitude on ne fait pas vraiment ou pas nécessairement attention) qui habite — en filigrane– nos vies, nos songes, nos désirs. On doit savourer et se contenter de l’essentiel mais cela retire cette variété. Il faut alors aller la chercher ailleurs… Est-elle remplacée par la variété des émotions ressenties puisque le cerveau tourne à mille temps en espace clos?

    1. Merci beaucoup Hélène pour cette articulation entre nos manques (de visages, de mouvements, de variété) et la focalisation sur l’essentiel. En effet, les circonstances nous contraignent à observer ce qu’on ne voit habituellement pas : nos racines propres comme l’écrit Claire. Nos ressources aussi. Car on ne peut que s’appuyer sur nos propres forces, y compris pour entrer en lien avec les autres.

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