Dans les coulisses de Simone et les philosophes œuvre avec ardeur Peggy Avez, agrégée, docteure et chercheuse en philosophie, free-lancée en 2015 après 13 années d’enseignement académique. Avec une idée fixe en tête : défendre une vision émancipatrice de la philosophie. Et par là, lutter contre l’appareil patriarcal de la domination intellectuelle.

Encore aujourd’hui, la parole « vraie » ou « sage », celle qui est valorisée, admirée, protégée, créditée, recrutée, enseignée est représentée comme un attribut de la virilité: le féminin a été durablement intériorisé comme l’autre de la vérité. Il suffit de jeter un œil sur les rares magazines de philosophie et de songer aux quelques philosophes médiatiques pour le vérifier : la barbe et l’intonation virile sont encore regardés comme les marqueurs identifiant le philosophe…

Lutter contre l’invisibilisation des penseuses et contre le mépris des thèmes traditionnellement associés au féminin est une nécessité et une occasion passionnante de penser. S’offre alors à nous une source de joie intellectuelle et existentielle : le territoire inconnu de ce que Catherine Malabou appelle la « philosophie empêchée », celle de tous les impensés du patriarcat.