Aux fourneaux de Simone et les philosophes s’attelle une femme, agrégée, docteure et chercheuse en philosophie, qui s’est « free-lancée » en 2015 pour transiter hors des rails et des murs académiques après 13 années d’exercice.

Un livre

Quelques années de recherche doctorale sont condensées dans cet ouvrage paru en mars 2017 aux Éditions de la Sorbonne, préfacée par Pierre Macherey, éminent spinoziste pratiquant une passionnante « philosophie au sens large ». Rien que pour ce précieux cadeau, les années de labeur logées entre les lignes de l’ouvrage se trouvent justifiées !

J’y montre qu’il n’y a pas de définition absolue, intemporelle et universelle de la liberté. C’est ce qui explique que le mot liberté soit aujourd’hui polysémique : différentes significations se sont accumulées au cours de l’histoire de la pensée occidentale. Par ce parcours socio-historique, je défends un espoir et un appel. Il est toujours urgent de s’émanciper des sirènes aliénantes en usant d’une faculté dont on ne peut faire l’économie sans renoncer à sa liberté: une pensée, vigilante et critique.

Pour en savoir plus :

Du féminin en philosophie

L’un de mes principaux et actuels chantiers consiste à expliciter et contester les normes patriarcales qui ont structuré et structurent encore la pratique de la philosophie dans le monde académique et sur la scène médiatique. La parole « vraie » ou « sage », celle qui est valorisée, admirée, protégée, créditée, recrutée, enseignée est un attribut de la virilité: le féminin est intériorisé comme l’autre de la vérité. Dans sa réalité sociale, la philosophie enseignée et diffusée discrimine ostensiblement les femmes et les thématiques traditionnellement associées au féminin. Lutter contre l’invisibilisation des penseuses et contre les discriminations socio-intellectuelles en général est une nécessité philosophique : puisque la pensée devient philosophique par la mise à l’épreuve de ses préjugés – comme le voulait Socrate – il nous faut philosopher hors des normes discriminantes.

S’offre alors à nous le territoire inconnu de ce que Catherine Malabou appelle la « philosophie empêchée ». C’est une source de joie intellectuelle et existentielle qui fait suite à l’inévitable colère : tout ce qui a été humilié et nous a mis à distance du réel est à repenser.

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