L’art d’être résolu – vœux 2018 !

À toutes et tous, je vous souhaite une belle année 2018, riche d’occasions de vous nourrir des beautés du monde – tant naturelles que culturelles – et, par là, d’aller à la rencontre des autres et de leurs talents souvent cachés !

Tout particulièrement, en cette période où l’on parle beaucoup de « bonnes résolutions » comme de décisions ponctuelles vouées à changer certaines habitudes de vie, je vous souhaite plutôt d’être résolu au sens fort et singulier que donnait Descartes au terme « résolution ».

La résolution comme attitude

Ce dernier, ayant décidé de passer sa vie à « cultiver sa raison », a donné une grande importance au doute : il en a même fait une méthode pour rechercher la vérité. Pour avancer dans la connaissance, il faut savoir mettre en question toutes nos opinions incertaines, les envoyer valser et nous en tenir aux quelques vérités absolument indubitables.

Mais ce qui est sage sur le plan théorique ne l’est pas toujours sur un plan pratique, c’est-à-dire sur le plan de l’action. On ne peut pas vivre en doutant continûment de ce qui est incertain ! Nous naviguons avec et malgré les incertitudes qu’il faut nécessairement surmonter.

C’est pourquoi Descartes, dans un passage du Discours de la méthode consacré à sa « morale provisoire », formule quelques règles, dont la seconde maxime, celle de la « résolution ».

« être le plus ferme et le plus résolu en mes actions que je pourrais »

Cela signifie qu’une fois que nous nous sommes déterminés pour une option, le caractère incertain de ses conséquences ne doit pas nous faire changer d’avis. Dans l’action, il importe d’avancer, malgré les raisons que nous avons de douter de chaque option disponible.

L’art de ne pas se perdre

Imaginez que vous soyez perdu·e dans une forêt, sans carte ni boussole pour vous orienter. Une attitude sage consistera à opter pour un chemin – avec les seules informations que vous avez – et à le parcourir jusqu’au bout pour espérer sortir de la forêt. Au contraire, de continuelles hésitations vous conduiront à tourner en rond et à rester définitivement perdus.

Cette image du voyageur perdu dans la forêt proposée par Descartes met l’accent sur la dimension nécessairement incertaine et par là exploratoire de la conduite de la vie. Parce qu’agir, c’est explorer, il nous faut être résolu, là même où nous n’ignorons pas la dimension aléatoire des événements. 

En ce sens précis, la résolution n’est pas la décision ponctuelle, mais la constance avec laquelle nous nous en tenons au chemin qu’on a choisi d’explorer. La résolution n’est pas l’annonce d’une promesse, mais l’attitude par laquelle nous concentrons nos efforts à explorer une piste. Les inattendus qui attendent tout promeneur ne sont pas un problème. Quel que soit le chemin qu’il prend au milieu de cette grande forêt, ce n’est qu’en l’explorant avec résolution qu’il pourra tomber sur des portes d’entrée et de sortie nécessaires pour cheminer.

 

Avancer en poursuivant son axe

   C’est sur cette constance qu’insistait aussi Sénèque : nous perdons souvent notre temps à changer d’option, à hésiter, à vouloir tout expérimenter et, en nous dispersant, à tourner en rond. Au contraire, le temps peut être long et dense pour qui s’en tient à l’exploration du choix qu’il a fait avec discernement.

Bien sûr, la résolution évite l’indéfinie circularité du mouvement mais n’empêche pas l’adaptation et ses zigzags! S’adapter sans se perdre, c’est précisément être résolu: avancer en conservant la mémoire de l’axe choisi. Pour les mêmes raisons qu’on ne peut danser qu’en maintenant une attention accrue à son axe, on chemine quotidiennement dans la vie avec d’autant plus de satisfaction quand on s’efforce d’être résolus.

C’est pourquoi je vous souhaite la résolution nécessaire pour vivre et vous orienter selon les valeurs qui vous sont chères!

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